Église Sainte Jeanne d’Arc

Cette église est très jeune, puisqu’elle fêtera ses 70 ans en 2024 !  Elle est construite entièrement en béton armée et recouverte de 1 110 000 briques entièrement façonnées à la briquèterie Saget de Coullons. Dès l’entrée, nous sommes saisis par la chaleur de l’ensemble grâce à la couleur du revêtement. 

Auparavant, Gien possédait deux églises; se nommant église Saint Louis située place Saint Louis; et l’église Saint Pierre construite place du château. Actuellement, elle s’appelle Sainte Jeanne d’Arc car celle-ci est venue quatre fois à Gien au cours de son épopée. 

Lors de la seconde guerre mondiale, en juin 1940, la ville de Gien a été bombardée à plusieurs reprises. Le 15 juin 1940, les premiers bombardements commencent, et la première bombe tombe au milieu de la nef centrale de l’église Saint Pierre, et une partie du presbytère s’effondre. Les jours suivants, les bombardements continuent, ainsi, le 17 juin 1940, le centre de la ville et l’église Saint Louis brûlent. Huit jours après ces bombardements, le feu ravage l’église Saint Pierre, sauf le clocher. Ainsi, celle-ci a été plus détériorée que le château, proche du pont qui était visé pour couper la route aux ennemis.  

Lors de la reconstruction en 1950 à 1954, l’architecte, Paul Gélis, a voulu rester dans l’esprit du château en recouvrant le béton armé de briques, extérieurement, ainsi qu’intérieurement, suite au souhait du conseil municipal du 22 février 1943 spécifiant « l’expression d’harmonieuse unité qui se dégageait de l’ensemble de la masse architecturale château et église de l’ancien Gien… » soit respecté. Le premier coup de pioche fut donné le 27 novembre 1950. L’édifice a une longueur totale de 44,45 mètres, sa largeur au transept est de 28,10 mètres. 

L’église a été bénie en 1954. Dans cet édifice, nous trouvons des statues en céramique représentant Saint-Pierre reconnaissable grâce à la clé qu’il tient; Saint-Louis grâce à sa couronne; la Vierge Marie, et Saint-Joseph. 

L’aménagement de l’église Sainte Jeanne d’Arc se termine sur plusieurs années. 

Les vitraux latéraux sont conçus sur le thème de La Croix et du « Soleil de Justice ». En allant vers le chœur, ils sont légèrement plus clairs, symbole du sacrifice du Christ, Lumière du Monde. 

Ceux du fond représentent la vie de Jeanne d’Arc. 

Face à ceux-ci, le vitrail de la façade représente le Christ glorieux sortant du tombeau. 

Le Chemin de Croix de l’église est l’oeuvre de Jean Bertholle, artiste peintre, s’associant à André Masson, responsable du service artistique de la faïencerie de Gien. Dans chaque tableau, le visage douloureux du Christ est représenté par une auréole. Celle-ci nous rappelle, sans cesse, que le Christ souffrant, c’est le Dieu Glorieux, « le Soleil de Justice », qui a voulu expier dans sa chair et dans son coeur, les péchés de l’Humanité. 

En fin d’année 1956, le chemin de croix est installé, puis sera béni lors d’une cérémonie présidée par le vicaire général, Mgr Viossat. 

Des grandes orgues ont été inaugurées après la pose du chemin de Croix. De nouvelles orgues ont été installées en 1986, puis nettoyées et améliorées en 2003. 

Les chapiteaux de l’église sont au nombre de quarante représentant: l’histoire de la Vierge, l’épopée de Jeanne d’Arc, les métiers du Loiret, les sept jours de la Création, les évangélistes, les patriarches, les prophètes, les apôtres, l’Eden, le paradis perdu, et, les bâtisseurs. Ceux de la nef et du choeur sont l’oeuvre de Henri Navarre; et ceux des bas-côtés sont l’oeuvre de Georges Muguet. 

Du premier au dixième chapiteau nous retrouvons l’épopée de Jeanne d’Arc. 

1: La Vocation – Domremy
2: La Mission – Vaucouleurs
3: La Foi – Chinon
4 : L’Honneur – Gien
5 : La Gloire – Orléans
6 : Devant Dieu – Reims
7 : L’Épreuve – Paris
8 : Le Sacrifice – Compiègne
9 : Le Martyre – Rouen
10 : La Sainte – Rome 

Le onzième correspond aux patriarches; le douzième, les prophètes (figures de l’Ancien Testament); le treizième, les évangélistes; le quatorzième, les apôtres (figures du Nouveau Testament). 

Du quinzième au vingtième chapiteau nous découvrons l’histoire de la Sainte Vierge. 
15 : Annonciation 
16 : Visitation 
17 : La Nativité
18 : La Divine Pieta 
19 : La mort de la Vierge
20 : Son couronnement par le Christ. 

Du vingt-et-unième au vingt-septième chapiteau nous redécouvrons le début de la Genèse grâce aux sept jours de la Création. Le vingt-huitième correspond à l’Eden et le vingt-neuvième au Paradis Perdu. 

Les métiers du Loiret sont quant à eux représentés du trentième au trente-sixième chapiteau. Pour finir, du trente-septième au quarantième chapiteau nous découvrons les Bâtisseurs représentés par: les armes de Mgr l’Évêque d’Orléans, les armes de la Ville de Gien, la griffe des Architectes ainsi que celle des ouvriers et des artistes. 

Le Baptistère n’est malheureusement plus utilisé. Il est situé à droite du porche en entrant. Il est séparé comme aux premiers siècles du christianisme et nous rappelle que le baptême est la première étape d’entrée dans l’Église. 

Il est de forme octogonale, en briques. Au centre, nous voyons une mosaïque d’aspect byzantin entourant une cuve en cuivre martelé et portant l’inscription « Christus vitae mea » ( signifiant « l’oint de ma vie »). 

Et si on parlait des Cloches ? 

En parallèle de l’administratif pour la reconstruction de l’édifice, l’archiprêtre de l’époque de la reconstruction exprime dans ses prêches, le souhait de fondre immédiatement les cloches pour la future église. 

Un ramassage de métaux non ferreux est organisé. La quantité de métal pour fondre les cloches est suffisante, grâce aux dons des Giennois et aux cinq cloches fondues dans l’incendie de juin 1940. 

Les cloches seront bénies le dimanche 27 Mars 1949; puis sonneront leur retour le dimanche de Pâques, soit le 3 Avril 1949. 

Aujourd’hui, dans le clocher se trouvent quatre cloches, sous le nom de: Félicule Hélène Lucie sonnant le ré; Michèle Anne Pia sonnant le mi; Jeanne Françoise sonnant le fa dièse; France Marie Christiane sonnant le sol. Chaque cloche a été baptisée et bénéficie d’une marraine et d’un parrain.

Cette église est la maison de Dieu et nous sommes heureux de nous y retrouver en communauté pour prier.

Certaines informations proviennent du livret « Histoire de l’église de Gien » réalisé par la « SHAG ».