Commencement, Espérance et Conversion

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Commencement, Espérance et Conversion

29 novembre 2020 Non classé 0

Enseignement vers le deuxième dimanche de l’Avent année B

Depuis le dimanche 29 novembre, nous avons commencé une nouvelle année liturgique avec l’évangile de Saint Marc dont le premier mot est : « Commencement … ».

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

            Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

            Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptiser par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

            Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Evangile de St Marc, chapitre 1, versets 1 à 8

Le premier mot de l’évangile selon saint Marc est le même que le premier mot de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » en Genèse 1,1 ; et « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. » en Marc 1,1. Saint Marc nous suggère ainsi qu’en Jésus Christ, la Création est renouvelée ! A nous qui sommes parfois tentés de baisser les bras et de nous décourager, ce temps de l’Avent 2020 qui commence nous offre, comme chaque année, la chance ou plutôt la grâce de repartir, de ranimer en nous la flamme de l’Espérance.

            « Commencement… » : Une ère nouvelle est inaugurée ! Et c’est le commencement de l’Évangile qui veut dire : la Bonne Nouvelle. Mais de quelle Bonne Nouvelle s’agit-il ? Saint Marc est très clair : La Bonne Nouvelle c’est Jésus lui-même, cet homme surgi dans l’histoire humaine et qui a le titre de « Christ » c’est à dire de « Messie » qui veut dire « Envoyé de Dieu ».

            C’est ce que j’ai toujours aimé dans l’évangile de Saint Marc : Son introduction ! Dès le premier verset, tout est dit : la Bonne Nouvelle, c’est une nouvelle présence humaine et divine à la fois !!! Et donc le commencement n’est pas à considérer d’abord comme le commencement d’un récit ; mais surtout comme le commencement d’une nouvelle histoire pour l’humanité qui commence par une nouvelle relation entre Dieu et nous, entre nous et Dieu !      Autrement dit, ce commencement, c’est le commencement de la révélation de Dieu le Père en Jésus, le Christ, qui est aussi le Fils de Dieu !!!

            Plus jamais, désormais, l’Homme ne devra se sentir seul ! Plus jamais, désormais, l’Homme ne devra se sentir abandonné de Dieu ! Plus jamais il ne devra penser à l’absence de Dieu dans sa vie. Le temps de l’Espérance est bien arrivé avec la venue de Jésus, Christ, Fils de Dieu !

            Jésus Christ, Messie, voici des siècles que les prophètes l’annonçaient. Et il y en aura un prophète « pour lui ouvrir son chemin », sa venue dans notre humanité, sa naissance : c’est Jean le Baptiste, fils de Zacharie et d’Elisabeth (cousine de la Vierge Marie).

            N’est-ce pas là, l’objectif du temps de l’Avent ? : Veiller, désirer la venue du Christ, du Messie, du Fils de Dieu dans nos vies : Jésus ! Saint Marc reprend alors la parole du prophète Isaïe pour présenter Jean le Baptiste : « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. »

            Et c’est dans le désert que Jean prépare la venue de Jésus en proposant un baptême de conversion : « … dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. »  Le désert est le lieu du dépouillement, le lieu du décentrement de soi, le lieu d’une conversion, le lieu d’une intimité retrouvée avec le Seigneur. Se convertir, n’est-ce pas se quitter des yeux, se décentrer de soi, pour laisser toute la place à Dieu ?

            « Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins. » Ce n’est pas par souci du détail concret que Saint Marc nous décrit le vêtement de Jean le Baptiste ! Il est ainsi présenté comme un prophète, en faisant référence à un autre prophète très célèbre qui l’a précédé : Élie qui est ainsi décrit dans le deuxième Livre des Rois : « C’était un homme portant un vêtement de poils et une ceinture de cuir autour des reins » (II Rois 1, 8).

            « … il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. » « Les sauterelles » nous rappellent la huitième plaie d’Égypte (Exode 10, 12-15) infligée aux égyptiens car pharaon ne voulait pas accorder à Moïse la libération du peuple des Hébreux (peuple choisi par Dieu depuis Abraham). Le « miel sauvage » nous rappelle la promesse du Seigneur à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel. » (Exode 3, 7-8). Par sa mission de prophète, par son vêtement, par sa nourriture, Jean le Baptiste annonce un chemin de conversion, un chemin qui nous conduit de l’esclavage à la liberté, de l’asservissement à la terre promise. Il nous invite en ce deuxième dimanche de l’Avent à passer de la captivité du péché (nos manques de foi, nos manques d’amour) à la liberté ; à vivre la conversion qui nous fera passer d’un enfermement sur nous-mêmes au Christ Jésus, notre Sauveur.

            Le beau temps de l’Avent n’est donc pas une attente passive de la venue de Dieu dans nos vies. Il nous faut préparer le chemin du Seigneur, rendre droits ses sentiers. Chaque année, il nous invite à la conversion du cœur. Et nous en connaissons les moyens : reprendre la méditation de la Bible, retrouver le chemin d’une prière plus profonde et plus longue, partager avec les plus démunis, recevoir avant Noël le sacrement de réconciliation, du pardon…

            Ainsi, la venue du Seigneur se prépare d’abord en nous. Cherchons à enlever de nos vies tout ce qui n’est pas de Dieu. Apprenons à ne plus juger ou condamner notre prochain. En rejetant notre prochain, nous rejetons aussi Dieu qui est en lui.  Déchirons les voiles du mensonge qui assombrissent nos jours. Abattons toutes les idoles, qui en nous, prennent la place de Dieu.

             » Préparez le chemin du Seigneur ! Rendez droits ses sentiers ! «  : crie la voix de Jean le Baptiste. Aujourd’hui dans nos vies, ne passons pas à côté de la venue de Jésus Christ, Fils de Dieu, le Messie : Préparons-nous !!! Alors, avec vous, je veux faire cette prière :

« Seigneur, en ce temps de l’Avent, nous voulons nous préparer à t’accueillir car tu viens aimer chacun d’entre nous, et nous apprendre à nous aimer. Et nous te disons merci ! Aide-nous à marcher dans la joie et la confiance sur le chemin qui mène jusqu’à toi. Inspire-nous les gestes de partage, de pardon et de paix. Envoie nous annoncer la Bonne Nouvelle de ta venue parmi nous ! Amen »

Voilà l’Espérance du Temps de l’Avent :  » Commencement de l’Évangile de Jésus … » de la Bonne Nouvelle ! Oui ! C’est pour nous, chaque année, un moment favorable pour la Conversion et pour nous convertir à Celui qui est la plénitude de la vie ! Il arrive Celui qui nous baptise dans l’Esprit Saint, c’est à dire de l’intérieur de nous-mêmes, avec son Amour !

Bon temps de l’Avent,                                                                              

Père Eric Rochetaillade

Question pour le partage ou la réflexion

            Dans notre vie, les obstacles à la venue du Seigneur ne man­quent pas. Dans la prière, demandons à Jésus Christ de nous montrer ces obstacles. Et posons-nous chacun cette question avec humilité : Qu’est-ce qui empêche ou freine la venue de Jésus, Christ, Fils de Dieu dans ma vie ?

A vivre dans la semaine

            Et si je m’inscrivais, sur le site du diocèse, au pèlerinage de l’Espérance, je pourrais lire et entendre des témoignages d’autres chrétiens qui font le choix de vivre l’Espérance au quotidien malgré tout, malgré toutes les incertitudes que nous impose notre monde d’aujourd’hui !