Veilleurs !

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22 novembre 2020 Enseignement 0

Enseignement pour le 1er Dimanche de l’Avent

Une nouvelle année liturgique commence avec le 1er dimanche de l’Avent. Nous connaissons tous les calendriers de l’Avent. Mais ce que c’est que l’Avent et ce à quoi il nous engage, nous en connaissons moins. Voilà ce que nous nous proposons de vous rappeler à partir de l’évangile de ce 1er dimanche de l’Avent de l’année B.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »Mc 13,33-37.

Dire qu’on a commencé une nouvelle année dite « B » suppose qu’on vient de finir une année « A » et qu’il y aura sans doute une année « C ». Peut-être une année « D, E, F, G… » ? Non ! En effet l’Eglise Universelle estime qu’en trois ans, A, B, C on aura parcouru les textes de la Bible lors des célébrations dominicales et deux années paires et impaires lors des célébrations en semaines, sans compté les fêtes. Une année liturgique compte 34 semaines et commence le 1er dimanche de l’Avent pour finir avec la fête du Christ-Roi de l’Univers.

Qu’est-ce que l’Avent ? L’Avent est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, Jésus a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché.

Le temps de l’Avent compte quatre dimanches avant Noël. Historiquement, on sait que l’avent avait surtout pour but de tourner notre prière et nos cœurs vers ce que l’on appelle les «fins dernières», autrement dit le retour du Christ, que tous les chrétiens attendent. Aujourd’hui encore, notre Avent honore donc ces deux aspects : méditer sur le retour du Christ (en gros, les 2 premières semaines) et ensuite la préparation de nos cœurs à célébrer Noël, du 16 au 24 décembre, et qui est une préparation plus centrée sur la fête même de Noël avec la lecture des évangiles qui précèdent la naissance du Christ et les divers événements : l’annonce de la naissance de Jean le Baptiste ; l’annonce à la Vierge Marie, à saint Joseph, la nativité de saint Jean-Baptiste, etc.

A quoi nous engage l’Avent ? Pendant l’Avent, chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe. C’est à cette vigilance que nous exhorte l’évangile : être des veilleurs ! Pendant le confinement, certains paroissiens ont accepté d’assurer cette mission auprès d’autres paroissiens plus fragiles et solitaires. Dans l’évangile, nous sommes tous invités à veiller. En effet, le maître de maison est parti, mais il est toujours là par la mission qu’il a confiée à chacun. Bien sûr, nous vivons une certaine forme de la présence de Dieu. N’étant pas là pour nos sens, il ne nous donne pas des ordres, mais c’est à nous qu’il revient de comprendre sa volonté toujours présente. Cette volonté n’est pas de l’arbitraire, elle se confond avec la nécessité d’être pleinement humains pour exister en vérité. Une joie vient habiter ce devoir accompli : la joie d’une attente, celle du maître de maison qui à son arrivée, appréciera le travail accompli. Les textes proposés pour ce temps de l’Avent sont pleins de cet appel à la joie. Il est moins question de «pénitence» que d’ouverture à ce qui vient. Ne restons pas enfermés dans les servitudes du quotidien, dans le souci de survivre. Laissons-nous envahir par une attente joyeuse, que nous ne pouvons d’ailleurs connaître que par la foi. Foi en la Bonne Nouvelle de la venue de Dieu. Cette joie ne se confond pas avec une exultation exubérante. Elle est apaisement de nos conflits intérieurs, dépassement de nos peurs, de nos anxiétés mais aussi de nos hostilités. Au fond, l’Avent nous invite simplement à reprendre conscience de notre condition d’enfants de Dieu. Certes, nous allons célébrer la naissance de Jésus mais, en même temps, notre propre renaissance. Les deux ne font qu’un. Notons que la paix et la joie que nous attendons sont déjà là. La paix et la joie d’aujourd’hui sont déjà présence en nous de celui que nous attendons. Il est vrai que notre attente peut se perdre, dans des désirs à brève échéance, dans la course pour la possession d’objets qui peuvent nous aider, mais jamais nous combler. Restons vivants, et attendons l’Homme Nouveau que nous recevons et devenons. La vie chrétienne est une vie d’attente, de veille. Le Christ vient vers nous, et notre attente active est notre manière d’être au service. S’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il nous trouve endormis.On le voit, le temps de l’absence du maître parti en voyage n’est pas un temps mort, mais un temps d’exercice pratique, de talents mis à profit.

« Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… »Le message est clair et précis. Il nous faut rester éveillés, prêts à toute éventualité, prêts à toute visite de Dieu. Dieu ne vient jamais par surprise, mais il vient toujours quand on ne l’attend pas. Dès lors, il nous faut être comme des gens qui guettent, qui attendent. Nous attendons avec impatience la venue du Règne de Dieu. Mais nous n’attendons pas simplement et passivement le Royaume. Nous sommes appelés à revêtir la tenue de service et à le bâtir de nos mains. Ceux qui ont fait l’expérience du service de leurs frères comprennent et entendent avec force cette Béatitude de l’évangile d’aujourd’hui: « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. » Se mettre au service de nos frères, c’est déjà accueillir Dieu. 

Bon partage.

Père Marc Dossou

Questions pour le partage :

Dans l’évangile, il est dit que le maître de maison en partant en voyage, a donné tout pouvoir à ses serviteurs. De quel pouvoir s’agit-il et comment l’exercez-vous ?

A vivre dans la semaine :

J’envoie une carte ou je téléphone à trois personnes au moins, plus ou moins fragilisées par le confinement pour leur formuler mes vœux de bonne année liturgique et bon temps de l’Avent.